À l’ère où la crise écologique et sociale est dans une phase critique, de plus en plus de voyageurs tentent de réinventer leur façon de découvrir le monde.
Quand certains se demandent s’il ne serait pas mieux d’arrêter complètement de voyager ou de privilégier le tourisme local, d’autres tentent de trouver des solutions afin de compenser pour leur empreinte carbone.

Mais comment compenser cela ? Et surtout, quelles sont les étapes à suivre pour faire de son mieux ?

Empreinte carbone neutre

Commencez par évaluer

Il est important de comprendre que chaque objet ou service que nous consommons, ainsi que son cycle de vie complet, possède sa propre empreinte carbone qui influence le changement climatique.

C’est pourquoi, avant de réduire ou de compenser les émissions de gaz à effet de serre d’un objet ou d’un service, il est essentiel de les évaluer d’abord. Cela encourage la réflexion personnelle et aide à prendre des décisions mieux éclairées lors du passage à l’action.

Vous pouvez calculer votre consommation quotidienne ou l’empreinte carbone d’un voyage à l’aide d’outils en ligne gratuits tels que :

Réduire

Une fois que vous avez pris du recul sur vos habitudes, vous pouvez commencer à mettre en place des changements durables. Comme pour toute nouvelle habitude, pour qu’elle s’installe dans le temps, avancez à votre propre rythme; une étape à la fois.

Pour vous aider, lisez l’article « Transition réussie vers un environnement sain » sur notre site web. Le texte ci-dessous propose également des conseils écologiques à garder à l’esprit lors de vos déplacements.

Pour réduire votre impact écologique, commencez par voyager moins, puis apprenez à voyager mieux — par exemple, privilégiez le train autant que possible. Lorsque vous prenez l’avion, optez pour des vols directs et des compagnies aériennes qui démontrent un véritable engagement environnemental (comme KLM).

Compenser, mais comment ?

Enfin, nous abordons la question de la compensation, souvent controversée, et à juste titre;planter des arbres, par exemple, peut être une solution incertaine à long terme. La crise écologique est urgente, pourtant un arbre met entre 20 et 30 ans à mûrir — et encore, s’il n’est pas détruit par une catastrophe naturelle.

Ce n’est qu’un des nombreux risques possibles. Il est donc essentiel de réduire son impact au quotidien avant de penser à le compenser. Il est inutile d’acheter des crédits carbone si vous passez quatre jours à New York dans un hôtel 5 étoiles (qui change vos draps et serviettes tous les jours, propose trois spas et utilise des taxis pour chaque déplacement).

Alors, comment faire ?

En soutenant financièrement un projet de réduction ou de séquestration des gaz à effet de serre, mais pas n’importe lequel.

Pour s’assurer que votre compensation est légitime et non un simple « écoblanchiment » (une stratégie marketing ou de relations publiques utilisée par une organisation pour donner une image trompeuse de responsabilité environnementale – Wikipédia), vérifiez les critères suivants :

  1. Additionnalité : le projet ne doit pas exister sans le soutien financier fourni par les crédits carbone, et les émissions évitées doivent être directement liées à ce projet.
  2. Mesurabilité : les actions mises en œuvre doivent suivre une méthodologie rigoureuse afin de quantifier la quantité d’émissions de CO₂ évitée.
  3. Permanence : le projet doit démontrer une efficacité à long terme, idéalement pendant au moins 30 ans.
  4. Vérification : le projet doit être vérifié de manière indépendante pour confirmer que les réductions sont réelles et conformes au plan de suivi.

Pour vous aider, voici quelques-uns des programmes les plus fiables :

Comme vous pouvez le constater, il est essentiel d’évaluer et de réduire son impact quotidiennement avant de penser à la compensation, et de choisir avec soin où investir dans les crédits carbone.

TOURISME DURABLE ET CHOIX ÉTHIQUES

Un voyage durable doit être planifié à l’avance, car les choix faits avant le départ influenceront tout votre séjour. Ces décisions doivent être prises en pleine conscience, dans un équilibre entre bien-être personnel, éthique et ressources disponibles.

Rappelez-vous : vous faites de votre mieux. Écoutez-vous. Les souvenirs que vous rapporterez doivent être joyeux et sans contrainte. Une planète en bonne santé dépend d’humains en bonne santé; physiquement et mentalement. Si vous ressentez de « l’éco-anxiété » en préparant votre voyage, concentrez-vous sur ce que vous faites déjà plutôt que sur ce que vous ne faites pas encore ou pourriez faire mieux.

Prêt à partir ? Voici quelques conseils pour vous aider à préparer et vivre une expérience inoubliable qui reflète vos valeurs.

Préparer le voyage

  • Choisissez des destinations moins touristiques. De nombreux endroits ne peuvent pas supporter de grandes foules et subissent de graves dommages environnementaux en conséquence.
  • Si possible, voyagez hors saison. C’est mieux pour la destination et souvent plus économique pour vous.
  • Si vous n’aimez pas planifier vos voyages vous-même, travaillez avec une agence locale. Lorsqu’un nouveau territoire vous accueille, contribuez à son économie.
  • Souscrivez une assurance voyage auprès d’organisations comme World Nomads, qui redonnent des fonds à des associations locales.
  • Choisissez des compagnies aériennes réellement engagées pour l’environnement et privilégiez les vols directs.

Dans la valise

  • Apportez une bouteille qui filtre l’eau pour réduire les déchets plastiques — et économiser de l’argent à long terme.
  • Emportez des sacs en tissu, des pailles réutilisables et quelques sacs poubelles pour vos déchets et ceux des autres.
  • Utilisez des produits écologiques et non polluants tels que des savons solides et des crèmes solaires respectueuses des coraux.
  • Si vous aimez le bricolage, fabriquez des sacs en tissu à partir de tissus récupérés et offrez-les aux habitants pour les sensibiliser.
  • Voyagez léger; moins vous avez de bagages, moins votre vol sera polluant.

Transport

  • Évitez de prendre l’avion à l’intérieur d’un même pays ; privilégiez le train, le bus ou le covoiturage.
  • Lancez-vous des défis : voyagez à pied, à vélo, en auto-stop ou même en tandem.
  • Réduisez vos vols autant que possible; explorez votre région ou partez moins souvent (par exemple, une fois par an ou tous les deux ans).
  • Si possible, voyagez plus longtemps et à un rythme plus lent.

Hébergement

  • Essayez l’échange de maisons; c’est abordable, communautaire et vos plantes vous en seront reconnaissantes !
  • Choisissez des écolodges (attention à l’écoblanchiment) plutôt que des hôtels de luxe.
  • Essayez le couch surfing — c’est gratuit, convivial et un excellent moyen d’apprendre auprès des habitants.
  • Découvrez Workaway, le WWOOFing ou l’éco-bénévolat — des façons enrichissantes de contribuer et d’en apprendre davantage sur la culture locale.

Pendant le voyage

  • Économisez l’eau ; prenez des douches froides si le climat le permet.
  • Réduisez vos déchets : évitez le plastique, privilégiez le carton et mangez local.
  • Achetez des souvenirs fabriqués localement pour soutenir l’économie régionale.
  • Protégez la nature : ramassez vos déchets, ne touchez et nourrissez pas les animaux sauvages.
  • Si vous mangez de la viande, évitez les espèces protégées.
  • Participez à des activités animales éthiques; ne montez pas sur le dos des éléphants, observez-les plutôt dans leur milieu naturel.


Vous êtes maintenant prêt pour votre prochaine aventure !
Souvenez-vous : faites de votre mieux, amusez-vous et partagez vos expériences avec vos amis, votre famille ou en ligne; votre histoire peut inspirer d’autres personnes.